Archéologie - Four tuilier à La Lie

 

Reconstitution d'un atelier de four de tuilier antique ou carrières de La Lie, commune de La Roche-Vineuse.

Une expérience d'archéologie expérimentale.

 

     Ces dix dernières années, les recherches dans la région lyonnaise et en Mâconnais ont apporté de nouvelles informations sur l'artisanat de la tuile à la période antique. Une partie des réponses a été apportée par l'étude des objets (typologie, marques, signatures, …). Cependant d'autres questions demeurent, en particulier sur les modes de fabrication et l’organisation de la production, auxquelles l'expérimentation semble être une piste intéressante pour y répondre. En association avec le Groupement Archéologique Mâconnais (GAM), l’association des Carrières de la Lie et le laboratoire UMR5138 de Lyon, un projet de reconstitution d’atelier de tuilier antique a été entrepris en bordure du site des carrières de la Lie. Ce projet a bénéficé de l’aide de l’entreprise Promotherm (Pont-de-Vaux 01) qui a fournit l’argile nécessaire à la construction des bâtiments et au moulage des matériaux.

atelier_tuile_adobe_et_torchis.jpg    atelier_tuile_torchis.jpg        atelier_tuile_corroyage.jpg  atelier_tuile_fabrication_briques.jpg      atelier_tuile_briques.jpg  

Ce projet a pour objectif de reconstituer un atelier de tuiliers tout en respectant le plan, les techniques de construction et le modus operandi des artisans antiques. L’atelier s’articule autour d’un four rectangulaire, disposant d’une chambre de chauffe de 1,50 m de côté entièrement mis en œuvre en briques crues (3000 éléments). Il dispose d’une aire de corroyage (préparation de l’argile) et de moulage, constituée d’un bassin en mortier hydraulique adjoint d’un espace dallé en brique, et d’une halle destinée au séchage et au stockage des matériaux. Une première étape a consisté à aménager les premières infrastructures de l’atelier : construction de l’ossature de la halle de séchage et aménagement des aires de travail extérieures.

     La deuxième étape s’est concrétisée au travers de deux stages regroupant des étudiants de l’Université Lyon 2 et de l’Université de Bourgogne, qui ont eu pour objectif la réalisation des briques crues nécessaires à la construction du four ainsi que l’édification des cloisons de la halle de séchage. Le premier objectif a consisté en la préparation de l’argile (argile + sable + dégraissant végétal) sur l’aire de corroyage (photo 1). Le mélange obtenu a ensuite été distribué pour le moulage de briques crues, à l’aide de cadre en bois, celles-ci serviront à la construction du four. Deux cents briques ont pu être moulées en l’espace de 2 jours, ce qui est assez faible en comparaison des exemples ethnographiques où le rendement tourne autour de 500 briques/jour/homme.

     Le second atelier a eu pour objectif la construction des cloisons de la halle de séchage en respectant les techniques de construction antiques observées dans la région. Un premier groupe a participé à l’édification d’une cloison en torchis avec la réalisation du clayonnage et le gâchage de la paroi à l’aide d’un mélange d’argile et de matière végétale. Les premières observations montrent que si la technique de mise en œuvre est assez simple, elle nécessite une quantité importante de matière première. Un second groupe a quant à lui entrepris la construction de deux cloisons en adobes (brique crue) sur solin de pierre sèche. Cette méthode requière un savoir-faire plus élaboré, mais permet l’édification de maçonnerie plus résistante tout en utilisant une quantité d’argile moins importante.

     Afin de terminer la construction de la halle de séchage et la fabrication des briques nécessaire à la l’édification du four, un nouveau stage est programmé pour la semaine du 17 au 21 juin 2013. 


Date de création : 28/03/2013 @ 19:00
Dernière modification : 28/03/2013 @ 19:31
Catégorie : Archéologie
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