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Le Mont Châtel - par daniel le 11/10/2018 @ 12:14

Sortie au Mont Châtel

à la découverte d’un exceptionnel site mérovingien

le 12 septembre

 

Par Marc Bonnetain

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Sept membres du Groupement archéologique du Mâconnais ont participé le 12 septembre à une visite fort intéressante du Mont Chatel situé sur la commune de Pressiat, dans l’Ain, au nord de Bourg-en-Bresse. Sur ce mont, se dressant au sud du Mont Myon, ont été découverts les vestiges d’une occupation datée des VIe et VIIe siècles. La présence sur la partie sommitale du Mont Châtel des vestiges de deux églises fait de ce lieu un site majeur de la période mérovingienne.

 

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Au terme d’une ascension très forte les mâconnais ont pu bénéficier d’une visite commentée du responsable de cette fouille programmée, David Billoin, archéologue en thèse sur le sujet, qui a dirigé bénévolement ce chantier pendant un mois en compagnie d’une vingtaine de personnes, étudiants et habitants des environs.

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Les travaux entrepris n’ont pas pour but une fouille exhaustive du site, la problématique suivie est avant tout d’identifier la nature de l’occupation.  Lors de la visite les archéologues travaillaient sur des secteurs différents : l’habitat, l’espace funéraire, la plate-forme périphérique et son accès. Ce site interpelle, pourquoi avait-on construit en un lieu aussi difficile d’accès ? Quelle autorité de l’époque fut le maître d’ouvrage de ces aménagements ? Qui demeurait en ce lieu ?

 

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Les recherches dévoilent peu à peu une histoire qui a laissé bien peu de documents écrits.

 

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Vue sur Pressiat en contrebas du site.

 

A l’issue de la visite les mâconnais ont pu se restaurer sur place en compagnie d’Agnès Ducaroy, responsable du musée du Revermont à Cuisiat qui a ensuite fait visiter celui-ci. Une exposition de plans, photographies, documents audiovisuels, restitutions et mobiliers découverts au Mont Chatel et sur d’autres sites contemporains, y est présentée.

 

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Cette exposition à la fois pédagogique et scientifique s’attache à expliquer le travail des archéologues et les résultats obtenus. Elle apporte ainsi bien des éclairages sur le site et révèle sa richesse. A noter parmi les éléments figurants dans l’exposition, le panneau de tête d’un sarcophage en grès décoré d’un chrisme et deux croix latines. Cet objet revêt un intérêt particulier pour les mâconnais puisque le grès qui le constitue provient de notre région et le décor présente de grandes similitudes avec celui d’un des sarcophages de l’église Saint-Clément à Mâcon.

NB : l’exposition « L’énigme du Mont Châtel, nouveaux regars sur l’Ain mérovingien », ouverte depuis le 15 juin 2018 se prolonge en 2019

http://patrimoines.ain.fr/n/exposition-s-a-l-affiche/n:699

 

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Sur la route du retour la petite équipe a fait halte à Meillonnas pour voir les fresques de l’église datées des XIV et XVe siècles et prendre un verre chez un oncle du président Daniel Barthelemy.

 

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Eté 2018, fouilles rue Gambetta - par daniel le 18/09/2018 @ 09:08

Eté 2018, fouilles rue Gambetta

La nécropole antique au fil de la tranchée

Une opération archéologique menée par l'Institut National de Recherches Archéologiques (Inrap)

Clichés C. Capdeville, Carole Fossurier et D. Barthèlemy (Inrap)

 

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En juillet et août de cette année 2018, la mise en place d'un réseau de chauffage urbain, rue Gambetta à Mâcon, a été l'occasion de nouvelles découvertes concernant la nécropole antique.  Une parfaite collaboration avec ENGIE, en charge du chauffage urbain sur la ville, a permis de réaliser cette opération de la façon la plus efficace malgré des conditions d'intervention délicates.

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Après l'enlèvement des couches supérieures dont l'enrobé et le niveau d'anciens pavés, les archéologies sont attentifs et tentent d'identifier le moindre indice pouvant révéler la pr"sence de vestiges archéologiques.

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En haut de la rue, des premiers niveaux sont repérés et font l'objet d'un relevé photographique.

 

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Dans une tranchée étroite les précautions liées à la sécurité sont drastiques. Au-dessous de 1,3 m il faut travailler avec des blindages qui empêchent les possibles effondrements. Le nettoyage des coupes pour observer les couches de terrain, la stratigraphie, est une étape incontournable pour les chercheurs.

 

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Au pied de la coupe un squelette humain est mis au jour. Le défunt est allongé sur le dos. Cette découverte confirme que la rue Gambetta se place au coeur de la nécropole gallo-romaine de Mâcon.

 

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Après un dégagement rapide, car l'enjeu est de ne pas interrompre trop longtemps le chantier, l'équipe des archéologue s'organise pour relever le maximum de données pour pouvoir ensuite interpréter au mieux cette sépulture. Les observations de l'anthropologie Carole Fossurier, permettent déjà de dire que l'individu retrouvé a été inhumé dans un contenant en bois, probablement un cercueil. Ce dernier n'a pas résisté au temps.

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Les vestiges découverts font l'objet d'un enregistrement topographique. Ils pourront être précisément replacés sur un plan.

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Une nouvelle inhumation a été retrouvée. Une fois le squelette dégagé l'anthropologue se remet patiemment au travail.

 

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Le creusement de la tranchée se poursuit et...

 

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...  Et voici qu'apparait le couvercle d'un sarcophage !

La plus belle et spectaculaire trouvaille de ce chantier d'archéologie préventive.

La présence de ce tombeau de pierre n'est pas à proprement parler une surprise puisque en 2011 dans ce même secteur six sarcophages avaient été repérés dont quatre furent fouillés.

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Le calcaire fin et blanc dans lequel est taillé ce sarcophage permet de situer son lieu d'extraction aux carrières de La Lie à La Roche Vineuse.

 

 

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Les archéologies bénéficient d'une certaine chance puisque le sarcophage est positionné dans l'axe de la tranchée ce qui va faciliter son extraction. Cette phase de prélèvement demeure cependant extrêmement délicate d'autant que le tombeau s'avère brisé en deux. Cette cassure demande encore plus de précautions. L'implication des membres de l'équipe de terrassement qui prennent en main l'opération va assurer sa pleine réussite.

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Avec un soin tout particulier la pelle mécanique dégage la cuve du sarcophage.s

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Il faut guider le conducteur de pelle qui ne peut pas tout voir depuis sa cabine.

 

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Vérifications avant le relevage.

 

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Une partie du sarcophage est arrimée, dernière concertation...

 

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Prêt !

 

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Archéologues et équipe de terrassement retiennent leur souffle...

 

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L'opération sera un succès devant un large public attiré par l'évènement.

 

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Le sarcophage est stocké pour le moment dans un dépôt municipal grâce à la collaboration des services de la ville de Mâcon et en particulier le musée des Ursulines. Il fera l'objet d'une fouille très prochainement. A n'en pas douter ce remarquable témoin des pratiques funéraires antiques prendra place un jour en bonne place au sein des collections du musée.

 

 

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Dans la suite du terrassement, une nouvelle sépulture est découverte.

 

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Il faut sortir les petits outils ! Alban Tremblay, stagiaire de l'Université Lyon 2, dégage minutieusement les ossements du squelette.

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Ces inhumations livreront probablement d'autres informations après étude. Des datations au carbone 14 permettront de caler chronologiquement ces tombes.

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Nouvelle surprise, une incinération. L'urne en céramique apparait dans la coupe. Il va falloir l'enregistrer puis la prélever. Sa fouille sera réalisée dans un second temps. Ce type de tombe se rattache aux pratiques funéraires des Ier et IIe siècles de notre ère.

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L'ensemble de la terre contenue dans la fosse où l'urne est déposée est recueillie pour être tamisée et étudiée finement à la recherche de charbons et autres restes. De telles analyses viennent éclairer les pratiques funéraires de nos ancêtres gallo-romains.

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Le chantier archéologique s'achève.

La fouille n'est que la première partie du travail. Ecrire l'Histoire demande encore de nombreuses heures de recherches en laboratoire. Mais les résultats déjà obtenus sont prometteurs...

 

 

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Le 2 juin à Saint-Romain-en-Gal - par daniel le 02/07/2018 @ 17:55

Sur les traces de l’empereur Hadrien à Saint-Romain-en Gal

par Marc Bonnetain (texte et photos)

Nous étions une quarantaine, du Groupement archéologique du Mâconnais et des carrières de La Lie à participer à la 17e édition des journées gallo-romaines de Saint-Romain-en Gal face à Vienne, au bord du Rhône. Pour cette édition le public était invité à rencontrer l’empereur Hadrien qui régna de 117 à 138 sur l'Empire, succédant à Trajan.

Pour ceux qui n’avaient jamais assisté à une telle rencontre elle a été une révélation car animée par des dizaines d’associations venues de toute la France et de l’étranger pour nous faire vivre cette période gallo-romaine étalée sur plusieurs siècles et riche en enseignements de toutes natures. Des dizaines de stands étaient installés sous tentes pour nous faire découvrir le tissage et la médecine, la sculpture et la cuisine, les parfums et la céramique… Il y eut aussi les armées avec 100 à 200 guerriers en armes habillés avec un soin extrême qui ont défilé révélant la richesse et la diversité de leurs équipements. Certains ont aussi pu participer à des ateliers.

La découverte de la journée a été complétée par la visite du très riche musée gallo-romain.

 

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Deux amphorisques antiques - par daniel le 10/01/2017 @ 15:51

Deux objets en céramique énigmatiques

 

Par Cyriac Merle (stagiaire de 3e du collège En Fleurette de Saint-Gengoux-Le-National)

 

En 1986, François Cognot a dirigé une fouille de sauvetage Rue du Vieux Bourg, à Flacé, commune de Mâcon. De nombreux vestiges et en particulier des restes de céramique variés et parfois peu ordinaires ont été découverts à cette occasion.

Parmi ces éléments, deux fragments d’objets en céramique nous interrogent sur leur fonction.

Il s’agit de deux fragments d’amphorisque.

Pour le premier fragment, d’une hauteur maximale de 10,3 cm et d’une largeur maximale de 5 ,2 cm, le col est absent, la panse arrondie et le pied plein fuselé est cassé à sa base. On peut aussi noter la présence de cannelures sur la partie supérieure de la panse.

 

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Le deuxième fragment, plus petit que le premier, a une hauteur maximale de 6 cm et une largeur maximale de 3,4 cm. Son col, la partie supérieure de sa panse ainsi que son pied sont absents.

 

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Ces deux objets sont  réalisés dans une argile orangée semi grossière. La paroi de leur panse est épaisse (1 cm pour le deuxième) ce qui ménage un espace réduit à l’intérieur.

Les archéologues s’interrogent encore sur la fonction de ces « récipients ».

 

 

Hypothèses sur l’utilité des amphorisques

 

 

            - D’après Rodriguez-Almeida, les amphorisques auraient pu servir de bouchons aux amphores ou de ventouse pour décoller ces bouchons.

            -D’après Pavolini, elles auraient pu être employées comme des cornets pour mélanger et lancer des dés.

            -Selon d’autres hypothèses ces amphorisques auraient pu servir pour fabriquer des voûtes, comme récipient pour contenir des onguents (« unguentaria »), comme échantillon afin de vérifier la cargaison des amphores ou encore de luminaires.

L’hypothèse de Rodriguez-Almeida semble être infirmée par la difficulté, voire l’impossibilité d’emboîtement d’une amphorisque avec une amphore.

 

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un exemple d'amphorisque trouvé dans le Var

http://artefacts.mom.fr/fr/result.php?id=AMF-4009&find=FLU&pagenum=1&affmode=vign

 

Bibliographie :

 

JOLY (M.), CURRIA (A.). – Les amphorisques du quartier du sanctuaire de la Genetoye à Autun (Saône-et-Loire), SFECAG, Acte du Colloque d’Autun, 2016, pp.557-564.

 

 

 

 

 

 

 

 


1986, les fouilles de la rue du Vieux Bourg - par daniel le 11/05/2016 @ 09:51

Ne ratez pas l'histoire d'objet de ce mois de juillet

Il y a 30 ans

Des vestiges gallo-romains rue du Vieux Bourg à Flacé

ou la splendeur passée de Matisco

 

En 1986, voici 30 ans, un projet de lotissement rue du Vieux Bourg à Flacé, allait amener le Groupement Archéologique du Mâconnais à faire surgir de terre les restes monumentaux d'une exceptionnelle demeure antique. Les fouilles furent conduites par François Cognot.

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Après décapage, un premier massif de maçonnerie aux impressionnantes dimensions est mis au jour (cliché G. Thomas)

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Accolée à la première construction, une abside tout aussi spectaculaire (cliché G. Thomas)

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Vue générale des structures mises au jour (cliché J. M. Zeller)

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Vue cavalière des substructions (dessin J. M. Zeller)

 

Les structures ainsi dégagées constituait donc d'une part un rectangle de 14,2 m X 11,9 m, et une abside de 11 m de diamètre. Les murs dont l'épaisseur dépasse les 2 m étaient installés directement sur le rocher calcaire qui a du être mis à nu  par les constructeurs. Pour assurer la solidité de leur maçonnerie, les bâtisseurs ont construit une large base pour les murs, puis sur l'extérieur, ont progressivement diminué la largeur créant ainsi des ressauts successifs. A l'intérieur des deux constructions, des murs de refend viennent consolider l'édifice.

Les fouilles ont montré que cet ensemble avaient été construits dans le courant de la deuxième moitié du Ier siècle de notre ère, et que les bâtiments avaient succédé à une construction plus ancienne datant probablement du début du Ier siècle.

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Quelques un des objets retrouvés au cours des fouilles (F. Cognot)

 

Les restes de murs découverts sur ce site correspondent aux sous-bassement destinés à rattraper la forte du terrain. Nous n'avons ici que la base des bâtiments qui devaient s'élever assez haut pour dominer le ruisseau de l'Abîme et être vue de loin, probablement de la voie romaine qui circulait en face, venant de Mâcon pour prendre la direction d'Autun. Ces deux construction n'étaient pas isolées et doivent être considérer comme faisant partie d'une vaste luxueuse villa dont d'autres traces furent mises au jour dans le secteur. Telle la mosaïque au gladiateur qui fut découverte au XIXe siècle et qui est présentée au musée des Ursulines de Mâcon.

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Le médaillon central de la mosaïque exhumée non loin de la fouille de 1986 (cliché GAM)

 

Une série d'objets particulièrement intéressant a été recueillie pendant les fouilles.  Nous les présenterons cette année au travers de la rubrique "Histoire d'objets". Ce mois ci, un fragment de marbre importé de Grèce (voir la rubrique "Histoire d'objets").

 

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Valorisation des travaux du GAM - par daniel le 04/02/2016 @ 16:59

Valorisation des travaux du GAM

Art...Chéologie

 

Suite au chantier mené en 2012, rue du Concours, sur une portion de la nécropole gallo-romaine, les promoteurs du projet immobilier à l'origine de notre intervention, ont souhaité inscrire dans le nouvel immeuble la trace du passé.

Blaise Adilon, artiste photographe, nous offre ainsi une œuvre qui, installée dans le hall de l'immeuble, rappelle le passé de la ville et valorise le travail du GAM.

 

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La réalisation de Blaise Adilon a servi pour la carte de vœux de la société imterval en 2016

 

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Chevaux à Matisco - par daniel le 03/02/2016 @ 14:24

Les chevaux dans la ville de Mâcon à l’époque gallo-romaine

Des gestes et des pratiques qui interrogent

 

Le bruit des sabots des chevaux résonnant dans les rues de la ville, voici une sensation qui avait disparu. L’usage réintroduit du cheval pour tracter le système d’arrosage des bacs à fleurs, les calèches et la police montée, ramènent aujourd'hui à notre oreille un bruit qui fut familier pour bien des générations de citadins.

Depuis leur domestication, les équidés (chevaux, ânes, bardots et autres mulets) étaient utilisés comme monture, comme animal de bât ou  pour être attelés à des chars et chariots.

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Le quadrige romain, char tiré par quatre chevaux, est une image couramment utilisé pour illustrer des objets, comme par exemple ci-dessus sur ce vase à médaillon d’applique présenté au musée gallo-romain de Lyon.

Des découvertes archéologiques viennent apporter un éclairage particulier sur la présence des chevaux dans l’antique Matisco.

 

Les fouilles du parking Rambuteau en 1994 / 1995                    

 

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Le parking Rambuteau en 1995 avant la fouille

Les recherches menées par l’AFAN parking Rambuteau, à l’emplacement de l’ancienne usine Monet-Goyon (devenue ensuite Motostandart) ont notamment livré de nombreux ossements de chevaux.

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Décapage à la pelle mécanique   

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Fouille d'une fosse contenant une série d'ossements

Ces restes se trouvaient regroupés dans des fosses creusée à l’origine pour récupérer de la terre destinée à la construction.

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Fouille minutieuse à "l'outil de dentiste"

Une étude de ces restes a été réalisée par Sébastien Lepetz, archéozoologue.

Ainsi, plus de 2000 restes (ossements et dents) ont été répertoriés dont l’essentiel, 1497 os, appartenaient à des équidés.Il s’agit pour 80 % d’animaux âgés entre 5 et 10 ans, pour les 20 % restant, ce sont des bêtes de plus de 10 ans ou de 2/3 ans. La cause de la mort de ces animaux n’est pas perceptible par l’étude des ossements.

Ces dépôts ont été datés du IIe siècle et du début du IIIe siècle après J.-C., notamment grâce à une monnaie d’argent, un antoninien, de l’empereur Caracalla (198-217).

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Mais la situation de ces os pose bien des questions.

En effet, il ne s’agit pas de chevaux morts et enterrés dont on aurait retrouvé les squelettes intacts. On ne peut pas parler de « cimetière ». Les restes osseux se retrouvent rassemblés en fosse,ou sous forme d’épandage, dispersés. Seules les parties les plus tenaces du squelette se retrouvent en connexion, à savoir des tronçons de colonnes vertébrales.

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Le cheval n'était pas consommé par les gallo-romains, il ne s'agit pas de restes de boucherie.Il semble qu’une fois morts les corps des chevaux aient été déposés en un point (proche ?), puis la décomposition avancée les carcasses désarticulées sont enfouies.

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Mandibule de chevaux.

 

Ces constations mettent en évidence des gestes et des pratiques dont les causes nous échappent largement. Cette gestion des animaux morts est-elle motivée par des habitudes profanes et pragmatiques, ou sous tendue par une pensée religieuse ? La présence au milieu de ces restes de 2 enfants mort en période périnatale dont les dépouilles ont été installées dans des tuiles, laisse penser que qu’une pensée religieuse entourait les pratiques mises en lumière ici

 

Une autre fouille menée en 1997, au 17 rue Lacretelle, nous prouve en tous cas que la place du cheval dans la culture gallo-romaine n’était pas insignifiante.

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Le fossé et son comblement

 

Les recherches sur ce site ont mis en évidence des traces d’occupations gallo-romaines datables du Haut Empire (entre 20 av. J.-C. et le milieu du IIIe siècle).

Au sein du mobilier mis au jour, de nombreux fragments de faune ont été recueillis.

 Pour la majorité, il s’agissait d’ossements de bœuf, porc et caprinés (chèvres ou mouton), témoins de la consommation de ces animaux par les mâconnais de l’époque.

Le cheval est présent dans cet ensemble mais dans une proportion très faible. Cependant, cette présence est loin d’être anecdotique puisque ce sont 3 crânes qui ont été retrouvés.

 

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Un des crânes en place apràs son dégagement

Là encore, le dépôt de ces restes de chevaux pose question, simple rejet ou geste symbolique ?

A Rome, on offrait au dieu Mars, une tête de cheval rempli de grains de blé. Le cheval représentait "l'esprit du blé".

Nous ne pouvons pas assimiler les crânes de la rue Lacretelle à cete pratique car aucune donnée de fouille ne permet de l’étayer. Cependant, cette coutume romaine illustre la valeur symbolique que pouvait revêtir le cheval dans les cultures anciennes.

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Revers d'une monnaie d'argent gauloise avec la figuration d'un cheval bondissant, on peut lire le nom DIASULOS

Un article plus complet est consultable dans la rubrique Histoire de notre site.

 

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Le vase oursin antique de Mâcon - par daniel le 21/01/2016 @ 17:43

Le vase-oursin

Pratiques funéraires et superstition gauloise

Un vase en forme de fossile d’oursin découvert à Mâcon

 

Lors des fouilles menées par le Gam en 1980, rue des Cordiers sur le site de la nécropole gallo-romaine, parmi les nombreuses découvertes fut mis au jour un dépôt de quatre vases offrandes en céramique. Ces objets avaient subi l’action du feu, ils avaient donc été déposés sur, ou à proximité d’un bûcher funéraire.

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Extrait de la publication sur la fouille de la nécropole des Cordiers (Barthèlemy, Depierre 1990)

 

Ce lot de vases miniatures se composait d’une amphorette, d’un balsamaire. Un troisième vase était un récipient zoomorphe figurant un lion couché. Quant au quatrième récipient, sa forme énigmatique ne fut pas identifiée tout de suite.

 

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Ce vase est en céramique fine élaboré à partir d’une argile kaolinitique. A l’origine, il était recouvert d’un vernis plombifère, ce qui permet de l’attribuer aux ateliers du centre de la Gaule (Vichy ?). D’une hauteur de 8 cm et d’un diamètre de 8,8 cm, il offre une forme globulaire écrasée avec une base concave. La panse est divisée en cinq quartiers qui se rejoignent au sommet. Celui-ci est marqué par un ombilic. Cinq orifices percent la paroi. Quatre sur le dessus, autour de l’ombilic, et un au deux tiers de la panse. Nous ne connaissons pas la fonction exacte de cet objet mais l’usage d’huiles parfumées dans le déroulement du rituel des funérailles est bien documenté pour la période gallo-romaine. Ce dépôt est datable de la deuxième moitié du Ier siècle de notre ère.

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                    Le vase vu de dessus.                                           Le vase vu de dessous

Le grand intérêt de ce vase est que sa forme copie en fait la forme d’un test d’oursin, c'est-à-dire le squelette de l’animal débarrassé de ses piquants. La symétrie pentaradiée (5 parties semblables) qu’affecte le vase, qui reproduit celle des oursins ne laisse pas de doute sur la volonté du potier de reproduire le test de cet animal marin. Bien entendu, il n’est pas évident que des potiers du centre de la Gaule aient eu entre les mains des oursins venant de la mer, mais les oursins fossiles ne manquent pas sur le territoire ; d’autant que la découverte de fossiles d’oursins en contexte archéologique est une chose parfaitement attestée (Georges et al. 2014).   

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                                                                  Test d'oursin

http://www.naturabuy.fr/Test-D-Oursin-Vert-Tendre-chasse-trophee-taxidermie-coquillage-mer--item-1356106.html

 

Quel sens doit-on donner à cet objet ?

Il faut sans doute voir ici la volonté d’évoquer au travers de ce vase « l’ovum anginum », l’œuf de serpent. En effet, il semble que les celtes assimilaient les oursins fossiles à un œuf de serpent, objet magique et puissant talisman. Le naturaliste romain Pline l’Ancien en témoigne.

 

Pline l'Ancien, Hist. Nat. XXIX, 52 :

« Il existe en outre une autre espèce d’œuf en grand renom dans les Gaules et dont les Grecs n'ont pas parlé. [En été], des serpents s'entrelacent en grand nombre; avec leur bave et l'écume de leur corps ils façonnent une sorte de boule appelée urinum [cela s'appelle œuf de serpent]. Les druides disent que cette façon d'œuf est projetée en l'air par le sifflement des serpents et qu'il faut la rattraper dans un manteau sans lui laisser toucher la terre; que celui qui s'en est emparé doit s'enfuir à cheval, car les serpents le poursuivent jusqu'à ce qu'il soient arrêtés par l'obstacle d'une rivière; l'épreuve qui fait reconnaître cet oeuf est qu'il flotte contre le courant, même s'il est attaché avec de l'or. De plus, avec cette ingéniosité qu'ils ont à envelopper de mystère leurs mensonges les Mages prétendent qu'il faut les prendre pendant une certaine lune, comme s'il dépendait de la volonté humaine de faire coïncider avec cette lune l'opération des serpents. J'ai du reste vu cet œuf: il était de la grosseur d'une pomme ronde moyenne, et sur sa coque se remarquaient de nombreuses cupules cartilagineuses semblables à celles dont sont munis les bras des poulpes. Les Druides vantent fort son merveilleux pouvoir pour faire gagner des procès et pour faciliter l'accès auprès des souverains, mais c'est une si grande imposture qu'un chevalier romain du pays des Voconciens qui, au cours d'un procès, en portait sur [dans] son sein, fut mis à mort par l'empereur Claude sans aucun autre motif que je sache. Pourtant ces enlacements de serpents et leur union féconde semblent être la raison qui a déterminé les nations étrangères à entourer, en signe de paix, le caducée de l'image de serpents; c'est l'usage en effet que les serpents du caducée n'aient pas de crête » (traduction de Ernout [1962] revue par Le Roux, 1967).

 

Des découvertes de fossiles d’oursin dans des couches archéologiques sont avérées et cette présence est certainement loin d’être anecdotique. A l’heure actuelle le vase de Mâcon est le seul exemple connu de transposition du test d’oursin en objet céramique, ce qui lui confère toute sa valeur. Il vient d’être repris dans une récente publication de Vincent Georges à propose d’un fossile d’oursin retrouvé sur le site celtique de Goincet en Forez (Poncins, dép. Loire).

 

La valeur symbolique qu’attribuaient à cet objet les personnes qui l’ont utilisé dans le rituel funéraire nous échappe. Mais il est notable que l’oursin a une haute valeur mystique chez les Gaulois et qu’il soit présent au sein d’un ensemble de vases offrandes en contexte funéraire plus d’un siècle après la conquête, indique certainement une persistance de la pensée religieuse celte dans la Gaule romanisée.

 

Ce vase est aujourd’hui présenté au musée des Ursulines de Mâcon.

 

Bibliographie

 

Barthèlemy, Depierre 1990 : BARTHELEMY (A.), DEPIERRE (G.). - La nécropole gallo-romaine des Cordiers à Mâcon, 1990, 128 p.

 

Georges et al. 2014 : GEORGES ‚V.), PHILIPPE (M.), BARTHELEMY (D.). – Un oursin fossile sur le site fossile de Goincet en Forez (Poncins, dép. Loire), et la perspective de l’ovum anguinum, Archäologishes Korrespondenzblatt, jarhgang 44, 2014, Heft 4, pp. 525-541.      

 


Au coeur de la ville,, fenêtre sur le passé - par daniel le 08/01/2016 @ 12:15

Au coeur de la ville,

une fenêtre sur le passé

 

En septembre 2015, l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a réalisé un sondage en haut de la grande rue de Veyle à Mâcon, au pied e la tour des archives départementale. Sous la direction de Pierre Quenton, une coupe dans le talus qui se trouve à cet endroit a permis de repérer des traces qui témoignent de l'occupation humaine dans ce secteur de l'époque gauloise à la période médiévale.

 

 

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La tour des archives départementales surplombe le site.

 

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En haut de la grande rue de Veyle, à gauche le lieu d'intervention.

 

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A droite, le talus qui a fait l'objet des recherches.

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Le décapage se fait à l'aide d'une pelle mécanique équipée d'un godet lisse de curage.

 

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Le travail est ici délicat en raison de la configuration du terrain.

 

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Pierre Quenton, responsable de l'opération, dirige le travail de la pelle mécanique.

 

 

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Une fois le décapage terminé, un autre travail commence.

 

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Nettoyage d'une structure apparue au début du décapage.

 

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Il s'agit d'un chemin pavé de briques et bordé de dalles calcaires de chant. Celui-ci était aménagé dans les jardins de l'ancien couvent des Carmélites. Ce monastère a été rasé en 1966 pour faire la place au bâtiment des archives départementales.

 

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Nettoyage des coupes de terrain.

 

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Ces coupes révèlent la succession des couches archéologiques qui témoignent des différentes occupations humaines.L'étude et le relevé de ces couches s'appelle la stratigraphie.

 

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Nettoyage d'un sol de la période médiévale.

 

La trace des Gaulois

 

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Le niveau le plus ancien a été daté de la fin de la période gauloise, vers 60 / 30 av. J.-C.

Parmi les éléments les plus caractéristiques, un fragment de coupe en céramique campanienne, vaisselle à vernis noir importée d'Italie.

 

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Caractéristiques de cette époque, des fragments d'amphores vinaires importée d'Italie. Ces amphores témoignent de l'important commerce du vin qui existait alors entre le monde romain et la Gaule.

 

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Fragments de cloison en terre provenant des habitats gaulois. Ces éléments en torchis portent l'empreinte des baguettes de bois qui servaient d'armature aux murs. L'extérieur porte une couche de chaux. Les demeurent gauloises étaient d'aspect modeste, en bois et terre.

 

Le Moyen Âge

 

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Fragments de céramiques médiévales

 

*********************

 

 

 

 

 


Bas Empire (1) - par daniel le 11/12/2015 @ 16:10

Mâcon, la ville du Bas Empire

Castrum matisconense

Première partile (revue le 07 01 2016)

L'édification des castrum et le problème du tracé de l'enceinte antique de Mâcon

 

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Potager de l'ancien couvent de la visitation (cliché DB)

 

La fortification du Bas Empire est en fait le témoignage architectural visible le plus ancien de la cité mâconnaise. En divers points du centre historique, des pans de murs et des tours nous rappellent l'histoire gallo-romaine de la ville. Ces murs et ces tours constituaient l'enceinte du castrum, la ville fortifiée du Bas Empire. Nous essaierons, ici, de faire le point sur notre connaissance de Matisco durant deux derniers siècles de l'Empire romain.

 

Les castrum du Bas-Empire

 

À l'origine, le mot castrum désigne un camp retranché établi par une légion romaine. Par extension, ce terme sera appliqué aux villes fortifiées du Bas Empire. Ainsi, le castrum matisconense est mentionné dans un document antique : la Notitia galliarum. L'édification de murailles autour des villes romaines est un phénomène que l'on constate à partir de la fin du IIIe siècle de notre ère. Certaines cités étaient, dès l'origine, entourées par une enceinte, mais ce privilège était réservé aux capitales de cité comme Vienne ou Autun. Le rempart était alors, non pas un élément de défense, mais un équipement de prestige.

 

Après la conquête romaine, une ville comme Matisco va se développer sans souci de se protéger. Les recherches archéologiques nous montrent une urbanisation extensive bien au large de l'oppidum gaulois, au nord, à l'ouest et au sud du plateau de la Baille, sur près de 50 ha. La crise du IIIe siècle et l'élément déclencheur qui va amener la création de murailles autour des agglomérations. En effet, au milieu du IIIe siècle, l'Empire romain connaît une crise sans précédent. L'anarchie militaire conjuguée à la crise économique et aux invasions barbares, engendreront ruines et misère, et notamment en Gaule. L'enfouissement des trésors monétaires est le témoignage archéologique de cette période d'immense confusion et d'insécurité. Le trésor de Mâcon, caché probablement vers 260, est la preuve que la cité mâconnaise n'a pas été épargnée durant ces dramatiques événements. La faiblesse du pouvoir central à Rome, les guerres intestines et de succession qui minent l'État, ne permettent plus une défense efficace des frontières ; la conséquence en est une succession de raids dévastateurs menés par des tribus germaniques. À la fin du IIIe siècle, des empereurs comme Aurélien et Dioclétien vont rétablir la paix et l'autorité de Rome. Mais la politique de défense de l'Empire évolue. La défense seule des frontières, le limes, s'est avérée inefficace pour stopper les raids des Francs et des Alamans. Afin de renforcer la sécurité du territoire, désormais les agglomérations les plus importantes vont se protéger par un rempart. En termes d'urbanisme, la conséquence de ces choix est une réduction générale des périmètres urbains. À Mâcon, les habitants se retranchent sur le plateau de la Baille, siège de l'ancien oppidum celtique. La surface de la ville s’est réduite de 90 %, elle n'occupe plus que 5 ha.

 

Les premiers travaux sur le castrum de Mâcon

 

Nous devons à Gabriel Jeanton d'avoir le premier réalisé une étude sur le castrum de Mâcon. Dans un article paru en 1934 dans les Annales de Bourgogne, il nous propose une description de ce rempart et nous en fournit un plan figurant son tracé.

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Le tracé de l'enceinte du castrum selon Gabriel Jeanton

 

Cette muraille, haute et massive, s'est inscrite de manière durable dans le paysage de la ville. Durant toute la première partie du Moyen Âge, et jusqu'à ce qu'au début du XIIIe siècle, une nouvelle enceinte vienne englober les faubourgs qui s'étaient développés, le rempart du castrum a constitué la défense de la ville. D'ailleurs, les chartes du cartulaire de Saint-Vincent font allusion à de nombreuses reprises aux murs ou murailles (moenia), de la ville. Elle fut sans doute à de maintes reprises remaniée. Au XIVe siècle, elle est dénommée « muraille sarrasine ». Cette appellation « sarrasine » désigne un élément dont on ignore l'origine exacte. Un plan du nord du plateau de la Baille de la première moitié du XVIIIe siècle, publié par Jean-François Garnier, indique un tronçon de muraille toujours désigné comme murailles sarrasine.

 

L'étude de Gabriel Jeanton nous décrit précisément le tracé du rempart. Celui-ci vient enserrer la colline de la Baille, dite aussi la Rochette. Il nous propose pour la façade orientale du rempart, dominant la Saône, un tracé rectiligne, s'appuyant sur la crête rocheuse du relief. Nous savons aujourd'hui, grâce aux travaux d'Alain Guerreau, de François Cognot et aux observations de Georges Berthoud, que cette proposition est inexacte. En effet, les bâtisseurs du rempart, ont aménagé une défense pour la partie basse de la ville placée entre le rivage de Saône et le relief du plateau. La muraille forme ainsi un redan qui protégeait vraisemblablement une zone portuaire essentielle au ravitaillement de la ville. À la fin des années 50, lorsque les premiers travaux d'aménagement du plateau de la Baille ont entraîné la destruction des bâtiments vétustes qui occupaient le sud de l’ancien castrum, des observations archéologiques avaient déjà souligné l'absence de rempart sur le rebord oriental de la colline. André Jeannet avait, en 1959, relevé la coupe d'une tranchée pour l'installation d'une canalisation, depuis la place de la Baille jusqu'à la rue Franche. Dans la publication de ce suivi de travaux, il met bien en évidence le fait qu'aucune structure défensive n'a été repérée au-dessus de la rue Dinet. En revanche, la présence de constructions à l'ouest de la rue Franche, indique sans ambiguïté l’existence du rempart à ce niveau.

 

La proposition de tracé de Gabriel Jeanton s'appuyait en fait sur l'interprétation des chartes du cartulaire de Saint-Vincent. Dans ces chartes, la cathédrale Saint-Vincent est mentionnée comme construite infra muros, c'est-à-dire « sous les murs ». À la lumière des travaux récents nous devons interpréter infra muros, non pas comme désignant la cathédrale à l'extérieur de l’enceinte, mais comme dans la partie basse de la cité. Cependant, Gabriel Jeanton n'ignorait pas l'existence de cette partie du rempart. Il y fait allusion dans son ouvrage sur le vieux Mâcon, mais il considère cette enceinte comme une fortification secondaire, distincte de celle du castrum proprement dit.

 

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Le castrum de Mâcon

 

Aujourd'hui nous pouvons observer la muraille du castrum encore concernés en différents points :

- Dans la cour de l'école Jeanne d'Arc où sa base est constituée de six assises de blocs en grand appareil (Fig.1).

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- Derrière l'École d'Art, cours Moreau, où le mur qui sépare ce bâtiment du Palais de justice laisse voir également des blocs en grand appareil (Fig.7). On peut y voir aussi une tour, au Moyen Âge la tour de Luyat. En effet, cette portion de la muraille antique fut réutilisée par l'enceinte médiévale. Dans ce même secteur, à l’est de la tour subsistante (appelée au Moyen Âge tour de Luyat), existaient deux autres tours dénommées à la période médiévale tour des Roses et tour du Listre. Elles sont figurées sur le plan de Du Bois de 1754. Nous pouvons raisonnablement supposer qu’il s’agissait de structures appartenant à l’origine à l’enceinte du castrum. Des plans du XVIIe siècle nous indiquent aussi l'existence de trois autres tours sur la partie du rempart se dirigeant vers le sud ouest.

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Les blocs en grand appareil visibles dans la muraille derrière l'Ecole d'art.

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Extrait de la revue Gam info 2011 n° 2.

 

- Dans l'enclos de l'ancien couvent de la Visitation où une autre tour est visible (Fig.3), ainsi que l'amorce du redan rempart en direction de la Saône. Cette partie de la muraille fut réutilisée pour la fortification du château des comtes de Mâcon au Moyen Âge.

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Depuis le bas du potager du couvent de la Visitation, la tour à droite

et la courtine à gauche (cliché DB)

 

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Le couvent de la visitation en vue aérienne (cliché Marc Bonnetain)

On distingue le rempart antique séparant le potager de la plate-forme du couvent.

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Le parement de la tour de la visitation en opus mixtum,

alternance de lits de moellons calcaire et de lit de briques

 

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La tour antique du couvent de la Visitation vue depuis la tour moderne des Archives Départementales en 2015 (cliché Gam).

 

- Dans le passage des amphores, entre la rue Dinet et la rue Philibert Laguiche, là où une vitrine présente les vestiges découverts lors des fouilles réalisées en 1982.

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1982, rue Dinet, les fouilles en cours sous la direction de François Cognot. A droite de l'image le massif de maçonnerie qui a servi d'appui au rempart du Bas Empire.

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extrait de la revue Gam info, 2011 n° 2

 

- Rue Paradis, où une tour romaine est comprise dans un îlot de bâtiments appelé « la maison du bailli ».

 

 

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La tour Paradis édifiée à l'angle sud ouest du castrum

 


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