Histoire - MATISCO, Oppidum gaulois

 

Chroniques de Matisco

MATISCO, Oppidum gaulois

Documents historiques et données archéologiques

 

Mâcon, une ville gauloise ?  Que disent les textes ?

 

[...] Quintus Tulius Ciceron et Publius Sulpicius sont cantonnés à Chalon et à Mâcon, chez les Héduens,  sur la Saône, pour veiller au ravitaillement. Quant à lui (César), il décide de prendre ses quartiers d'hiver à Bibracte. [...]

 

Extrait de La guerre des Gaules, livre VII - 90, première mention de Matisco

 

Le récit de Jules César nous apporte la preuve historique de l’existence de Mâcon et son appartenance au territoire des Eduens dont la capitale était Bibracte, à coté d’Autun, aujourd’hui le mont Beuvray. Une agglomération existait donc vers le milieu du premier siècle avant Jésus-Christ. Sa position stratégique devait être suffisamment importante pour que le conquérant romainn installé à Bibracte, y installe une légion (5000 hommes) afin d’assurer le ravitaillement des troupes pendant la période d’hivernage. Le nom Matisco est d’origine gauloise. Le mot « mat » désignerait un mont, une bosse, une hauteur. A Mâcon, le plateau de la Baille constitue une éminence rocheuse dominant la Saône. C’est cette colline sur laquelle s’installe le village gaulois. La terminaison «isco » désignerait la présence de l'eau, bref Matisco serait donc la colline au bord de l'eau (Choignard 1994).

 

Que nous confirme l'archéologie ?

 

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Découverte du rempart gaulois, le murus gallicus, en 1966, rue des Carmélites.

 

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Détail de la coupe du rempart.

 

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Vue générale de la structure.

 

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Relevé de la coupe du murus gallichs.

 

La découverte en 1965, rue des Carlélites, du rempart gaulois de la ville vient illustrer le propos de César. Les remparts gaulois étaient constitués d’une armature de poutres en bois clouées entre elles. À l’intérieur de la structure, on trouvait un comblement de terre et de pierres, un parement de pierres appareillées achevait la construction. Ces remparts qui résistaient au choc des béliers romains avaient impressionné Jules César. Il décrivit précisément cette fortification dans son évocation du siège de Bourges. Il dénomma ces remparts « murus gallicus » ou mur gaulois.un murus gallicus est reconstitué au mont Beuvray.

La découverte du murus gallicus permet de qualifier Matisco d’oppidum, c’est-à-dire une agglomération fortifiée. L'oppidum est aussi le siège d'une puissance politique et un centre d'échanges commerciaux (Barthèlemy 1972).

 

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Le nord du plateau de la Baille, à l'emplacement de la tour des Archives départementales, sur le site du couvent des Carmélites, est le secteur qui a livré

les traces archéologiques de la Matisco des temps celtiques.

 

 

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Façade sud du couvent des Carmélites dont la démolition a amené

la découverte des habitats gaulois de la ville.

 

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Découverte en 1968 de restes d'habitat gaulois, place des Carmélites.

 

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Les sols des cabanes gauloises.

 

La construction de la tour des archives départementales à l’emplacement de l’ancien couvent des carmélites fut l’occasion pour les archéologues de retrouver quelques traces de l’habitat gaulois de Matisco. Il s’agissait de constructions rudimentaires : un sol de terre battue, un foyer central, des murs de terre et de bois reposant sur des solins de pierres et une toiture de chaume soutenue par des piliers de bois. Les Gaulois de Matisco vivaient de l’artisanat, de l’agriculture et de l’élevage (notamment les bovidés). Le commerce avec le monde italique tenait aussi une grande place dans l'économie des Celtes de cette époque.

 

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Bords et cols d'amphores vinaires italiques de type Dressel I retrouvés dans les habitats gaulois de Mâcon.

La présence de nombreux tessons d’amphores vinaires importées d’Italie sont les témoignages d’un commerce florissan (Maza 2003). Les Gaulois ne connaissaient pas la viticulture mais ils appréciaient le vin...

 

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La monnaie d’argent qui figure ici est identifiée comme originaire de la région de Mâcon. C’est un denier dit de DIASVLOS, nom que l’on peut lire DIA de gauche à droite, au-dessus du cheval, et SVLOS de droite à gauche au-dessous du cheval. Que signifie ce nom ? Peut-être le patronyme d’un chef gaulois local. Sur l’avers de la monnaie un profil d’homme portant un torque, sorte de collier, apanage des dieux et des guerriers.

Bibliographie

Barthèlemy 1973 : BARTHELEMY (A). - L'oppidum de Matisco, Revue Archéologique de l'Est, tome XXIV, fasc. 3-4, 1973, pp. 307 - 318.

Choignard 1994 : CHOIGNARD (R.). – Le nom de Mâcon, Annales de l’Académie de Mâcon, 4ème série, tome 6, 1994, pp. 127-128.

Maza 2003 : MAZA (G.). – Les amphores républicaines découvertes sur le site du « Couvent des Carmélites » à Mâcon, Gam. Info, n°1, 2004, pp.1-15.

 

Date de création : 08/02/2014 @ 18:45
Dernière modification : 08/02/2014 @ 18:45
Catégorie : Histoire
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