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Chevaux à Matisco - par daniel le 03/02/2016 @ 14:24

Les chevaux dans la ville de Mâcon à l’époque gallo-romaine

Des gestes et des pratiques qui interrogent

 

Le bruit des sabots des chevaux résonnant dans les rues de la ville, voici une sensation qui avait disparu. L’usage réintroduit du cheval pour tracter le système d’arrosage des bacs à fleurs, les calèches et la police montée, ramènent aujourd'hui à notre oreille un bruit qui fut familier pour bien des générations de citadins.

Depuis leur domestication, les équidés (chevaux, ânes, bardots et autres mulets) étaient utilisés comme monture, comme animal de bât ou  pour être attelés à des chars et chariots.

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Le quadrige romain, char tiré par quatre chevaux, est une image couramment utilisé pour illustrer des objets, comme par exemple ci-dessus sur ce vase à médaillon d’applique présenté au musée gallo-romain de Lyon.

Des découvertes archéologiques viennent apporter un éclairage particulier sur la présence des chevaux dans l’antique Matisco.

 

Les fouilles du parking Rambuteau en 1994 / 1995                    

 

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Le parking Rambuteau en 1995 avant la fouille

Les recherches menées par l’AFAN parking Rambuteau, à l’emplacement de l’ancienne usine Monet-Goyon (devenue ensuite Motostandart) ont notamment livré de nombreux ossements de chevaux.

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Décapage à la pelle mécanique   

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Fouille d'une fosse contenant une série d'ossements

Ces restes se trouvaient regroupés dans des fosses creusée à l’origine pour récupérer de la terre destinée à la construction.

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Fouille minutieuse à "l'outil de dentiste"

Une étude de ces restes a été réalisée par Sébastien Lepetz, archéozoologue.

Ainsi, plus de 2000 restes (ossements et dents) ont été répertoriés dont l’essentiel, 1497 os, appartenaient à des équidés.Il s’agit pour 80 % d’animaux âgés entre 5 et 10 ans, pour les 20 % restant, ce sont des bêtes de plus de 10 ans ou de 2/3 ans. La cause de la mort de ces animaux n’est pas perceptible par l’étude des ossements.

Ces dépôts ont été datés du IIe siècle et du début du IIIe siècle après J.-C., notamment grâce à une monnaie d’argent, un antoninien, de l’empereur Caracalla (198-217).

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Mais la situation de ces os pose bien des questions.

En effet, il ne s’agit pas de chevaux morts et enterrés dont on aurait retrouvé les squelettes intacts. On ne peut pas parler de « cimetière ». Les restes osseux se retrouvent rassemblés en fosse,ou sous forme d’épandage, dispersés. Seules les parties les plus tenaces du squelette se retrouvent en connexion, à savoir des tronçons de colonnes vertébrales.

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Le cheval n'était pas consommé par les gallo-romains, il ne s'agit pas de restes de boucherie.Il semble qu’une fois morts les corps des chevaux aient été déposés en un point (proche ?), puis la décomposition avancée les carcasses désarticulées sont enfouies.

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Mandibule de chevaux.

 

Ces constations mettent en évidence des gestes et des pratiques dont les causes nous échappent largement. Cette gestion des animaux morts est-elle motivée par des habitudes profanes et pragmatiques, ou sous tendue par une pensée religieuse ? La présence au milieu de ces restes de 2 enfants mort en période périnatale dont les dépouilles ont été installées dans des tuiles, laisse penser que qu’une pensée religieuse entourait les pratiques mises en lumière ici

 

Une autre fouille menée en 1997, au 17 rue Lacretelle, nous prouve en tous cas que la place du cheval dans la culture gallo-romaine n’était pas insignifiante.

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Le fossé et son comblement

 

Les recherches sur ce site ont mis en évidence des traces d’occupations gallo-romaines datables du Haut Empire (entre 20 av. J.-C. et le milieu du IIIe siècle).

Au sein du mobilier mis au jour, de nombreux fragments de faune ont été recueillis.

 Pour la majorité, il s’agissait d’ossements de bœuf, porc et caprinés (chèvres ou mouton), témoins de la consommation de ces animaux par les mâconnais de l’époque.

Le cheval est présent dans cet ensemble mais dans une proportion très faible. Cependant, cette présence est loin d’être anecdotique puisque ce sont 3 crânes qui ont été retrouvés.

 

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Un des crânes en place apràs son dégagement

Là encore, le dépôt de ces restes de chevaux pose question, simple rejet ou geste symbolique ?

A Rome, on offrait au dieu Mars, une tête de cheval rempli de grains de blé. Le cheval représentait "l'esprit du blé".

Nous ne pouvons pas assimiler les crânes de la rue Lacretelle à cete pratique car aucune donnée de fouille ne permet de l’étayer. Cependant, cette coutume romaine illustre la valeur symbolique que pouvait revêtir le cheval dans les cultures anciennes.

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Revers d'une monnaie d'argent gauloise avec la figuration d'un cheval bondissant, on peut lire le nom DIASULOS

Un article plus complet est consultable dans la rubrique Histoire de notre site.

 

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